The game

l'envers du décor

Creative Commons Attribution-NonCommercial-NonDerivatives Certains droits réservés.

1 commentaire

Jean_Baptiste_Crocodile a dit :

Après Saunderson en majesté, voici Saunderson en action !

Aujourd’hui, en complément du « Digital Comic Museum », j’ai envie de vous conseiller le « Grand Comics Database » : http://www.comics.org/

On y trouve des reproductions de couvertures de toutes sortes de comics et de toutes les époques ainsi que des informations détaillées sur le contenu de tel ou tel comics (utile pour savoir en l’absence de tout « casting » affiché qui a dessiné quoi et qui a encré).

Pour rester dans le registre des jungle girls, il est instructif de comparer les 167 couvertures de « Jumbo comics » avec les 163 couvertures de « Jungle comics ».

Dans « Jumbo Comics », les aventures de « Sheena queen of the jungle » sont publiées dès le 1er numéro de septembre 1938. En couverture, un petit insert signale l’existence de cette bande. C’est à partir du numéro 9 que l’histoire de Sheena fait pour la première fois l’entièreté de la couverture. A noter néanmoins que le premier plan est occupé par le combat désespéré d’un homme contre un primate gigantesque, Sheena n’apparaît qu’au second plan mais déjà dans la position qu’elle affectionnera : elle surgit des frondaisons et plonge obliquement, le poignard à la main sur ses ennemis, comme une flèche vêtue d’une peau de léopard et d’une crinière blonde. On la retrouve en couverture du numéro 13, au premier plan mais petite encore dans la page. Numéro 15, la voici opposée à un lion au premier plan. Enfin, à partir du 17, elle occupe non seulement le premier plan mais son corps se déplie sur toute la hauteur de la couverture. Elle ne quittera plus le premier plan et l’affiche pendant les 140 numéros suivants, affrontant toutes sortes de fauves, monstres, barbares et sauvant la veuve, l’orphelin et même le sémillant frère de la veuve, aventurier dépassé par les évènements dans cette jungle sauvage. Un vrai Tarzan au féminin, cette Sheena !

Dans « Jungle comics », le héros est un homme, Käanga, « jungle lord » et sur les 163 couvertures de « Jungle comics », c’est lui, le mâle costaud, qui sauve la veuve, l’orphelin et toutes les charmantes aventurières égarées dans la jungle sauvage. Ah ces infortunées jeunes femmes sauvées par Käanga ! Elles sont menacées par des lions, des panthères noires, des primates vindicatifs, des marchands d’esclaves, une charge d’éléphants, des dinosaures, des sorciers à tête bovine, des mammouths, des ptérodactyles, etc. ou ligotées à un rhinocéros, à un autel sanglant sous le couteau d’un sacrificateur, etc.

Ce qui est marrant, c’est la symétrie. D’un côté, « Sheena, queen of the jungle », une femme, de l’autre, Käanga, « jungle lord », un homme. Mais les mêmes improbables exploits, la même énergie, la même générosité, tout cela merveilleusement dessinée sur des couvertures aux couleurs plaisantes qui documentent un imaginaire aujourd’hui en partie disparu.

1 juin 2012

Poster un commentaire :